Bridgestone Battlax BT 016 : ahurissant !

Tags: none

Les BT 016 ? Un véritable choc !

21 ans de moto… et 21 ans sans me soucier vraiment de mes pneus ! Oui, ok, y’a pas de quoi être fier. Et puis j’ai commencé à m’intéresser de plus près aux roulages sur circuit, et le souci tant de l’efficacité que de la sécurité a fait son apparition. Rapide tour d’horizon : à moins de partir dans des slicks économiquement incompatibles avec un usage mixte circuit / route (sans même parler de l’autoroute !), seules les technologies bi-gommes (par ex. Michelin Pilot Power 2CT) ou tri-gommes (par ex. Bridgestone Battlax BT-016) s’imposaient.

Pendant plus de 20 ans en effet, je suis resté imperméable aux discours et articles sur les pneumatiques, ignorant totalement la dimension technologique de ce que je ne considérais alors que comme un consommable comme un autre. Pire, j’étais persuadé que les types discutant de pneus se montaient la tête… Quel idiot !

Il ne m’aura fallu que quelques dizaines de km pour me rendre compte que j’étais passé durant des années totalement à côté de l’un des organes les plus importants d’un… deux roues ! 

Redécouvrir sa moto transfigurée

Inutile de s’étendre sur les pneumatiques fournis d’origine avec la KTM 950 Supermoto… Il suffit de préciser qu’ils ne transfèrent que partiellement le couple du généreux twin : une fois mes nouveaux Bridgestone rôdés, en effet, lors de ma première petite arsouille sur une route au bitume si lisse et frais qu’on y ferait presque traîner sa langue, quelle n’a pas été ma surprise lors d’une simple reprise en seconde, bas dans les tours, en sortie de virage et alors que je basculais d’un angle à l’autre, non seulement de voir la machine se cabrer là où elle se serait "péniblement" contentée de reprendre des tours… et mieux encore, de réaliser sans effort (et sans le croire moi-même, sur le moment !) mon premier wheeling avec un passage de 30 degrés à l’autre !! Et le tout avec une précision et un sentiment de sécurité que j’ai rarement eus dans d’autres circonstances, même plus classiques (wheeling en… ligne droite ! ;-)

Voilà ce qui s’appelle être mis immédiatement en confiance !

Des avantages notoires… et explicites même pour les néophytes

3 compoundsNon seulement les Bridgestone BT 016 trigomme sont littéralement collés à la route (le plus jouissif étant que plus on prend d’angle, et plus ils scotchent :-) mais en plus, leur profil très arrondi leur donne une vivacité incroyable, conférant à la moto une assiette jusqu’alors inconnue, autorisant des changements d’angle jusqu’alors inédits sur cette monture. En guise de métaphore, je dirais qu’avec ces pneus, le gros twin de 190kg retrouve une vivacité proche de mon ancien jouet : la Suz’ DRZ 400 SM pesant toute mouillé 140 kg ! Mais avec 100 chevaux sous le fessier, c’est autrement plus drôle ! En d’autres termes, oui, ce maxi supermotard de 950 cc se rapproche (un peu) de sa lignée d’origine : quand la mante religieuse se fait passer pour une sauterelle

Sur circuit : une précision d’enfer

Bridgestone Battlax BT016 MotorsportMais c’est ensuite sur circuit que j’ai pu tester et -à mon petit niveau de poiral- exploiter le meilleur de la technologie de Bridgestone. Chauds en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils se révèlent d’une précision horlogère (permettant au blaireau que je suis d’avoir l’impression qu’il affine sérieusement ses traj :-), et d’une accroche phénoménale, autorisant aussi bien des reprises en milieu/sortie de courbes rapides (paraboliques notamment) littéralement diaboliques, permettant de tirer profit des presque 10 m.kg de couple du SMR Katoche sans craindre la sucette. Et enfin, ils autorisent des freinages à se sortir les yeux du casque. J’ai en revanche relevé pour la première fois sur Katie une sale tendance à se redresser lors des freinages appuyés en courbe. Phénomène normal et bien connu sur tout type de moto, bien sûr, mais ici largement accentué par des freinages décuplés par l’adhésion des pneus au sol. En dehors du fait qu’il faut se battre un peu plus, on se surprend néanmoins à freiner toujours plus tard, jusque dans l’entrée de la courbe… quand l’optimisme nous a un peu trop incité à retarder le freinage :-)
Le plus stupéfiant reste le comportement en courbe, là où l’on recherche une adhésion maximale pour prendre toujours plus d’angle. Et en la matière, sans m’en rendre compte, j’ai un peu exagéré… Il aura fallu qu’on vienne me calmer dans les paddocks sur mes angles pour que je réalise qu’en effet, ce n’était pas seulement mes cale-pieds qui raclaient la piste mais mes oreilles… ma pédale de frein arrière ! Oui, ce petit bout de métal qui doit à peine dépasser de 3 centimètres ! Quand je vous dis que ces pneus rendent confiants ! (Mais promis, je monte prochainement des cales spécifiques supermot’ pour arrêter le labour et protéger ces belles pistes qu’on nous ouvre, à nous les leveurs de patte). En conclusion, les gommes super tendres qui se trouvent sur les extrémités jouent leur rôle à plein : ça se bouffe fort et très vite… mais pour quel résultat !
 
En guise d’illustration, cette photo de l’arrière (et tout aussi étonnant, de l’avant !!!) après une seule journée de roulage, et sur un circuit ni spécialement viroleux, ni spécialement rapide, puisqu’il s’agit de Carole.

BT 016 arrière après un roulage à Carole sur KTM 950 SMR

On remarquera sur l’avant (photo ci-dessous) les vaguelettes provoquées par les freinages (merci les Brembo de la version R de la KTM 950 SM !).

BT 016 avant après un roulage à Carole sur KTM 950 SMR

Et sinon, quid de la pluie ?
Bah la pluie… Primo ça mouille, et secundo… bah ça glisse. Pas étonnant au vu du peu d’empreintes (et à leur position centrale) que ça évacue pas des masses sur les côtés, mais le fait est que ce qui scotche à la route lorsqu’elle est sèche, se révèle médiocre en cas de vraie pluie. Pire : le surcroît de confiance généré par les BT 016 sur piste sèche génère à l’inverse un déficit de confiance sur route détrempée. Sur ce tableau, les Pirelli Diablo initiaux prennent leur revanche, car si ce ne sont pas des foudres de guerre, n’empêche qu’avec eux, je ne m’étais jamais posé de question. En bref, et comme les manufacturiers se fatiguent à nous le répéter, le pneu magique pour tous usages et toutes conditions n’existe pas… Pas encore ? serait-on tenté de leur rétorquer.

Post scriptum :
Non je n’ai pas encore acheté d’actions chez Bridgestone ! :-) Et oui, si j’en crois ce qu’on en dit, les Michelin et leur technologie Two Compound semblent  se comporter tout aussi bien. Je n’ai fait ici que relater ma propre expérience, basée sur le produit que j’ai pu utiliser… Et ce que je souhaitais mettre en avant est surtout l’intérêt de monter des pneumatiques de dureté mixte (moyen / tendre / très tendre) en fonction des zones pour protéger nos vies, la longévité de nos pneus lorsque l’on emprunte l’autoroute (ce que ne permettent pas encore des slicks qui se bouffent en qq centaines de km !!)… et bien sûr, notre plaisir !

Une réponse à “Bridgestone Battlax BT 016 : ahurissant !”

  1. pneu hiver dit :

    Merci pour ce blog, j’en ai beaucoup appris sur le pneu

Faire une réponse