Linkedin se réveille (enfin)

novembre 4th, 2008

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les changements dans Linkedin avaient été bien maigres ces 4 dernières années (en dehors d’une belle cure de jeunesse ergonomique renforçant sa ‘usability’).

Au point que l’une des applications les plus utiles des réseauteurs sociaux (sic) avait fini par se faire dépasser par le dynamisme d’outils arrivés bien plus tard, certes tous très sympathiques mais d’un usage bien plus limité, pour ne pas dire puéril (oui, je pense en particulier à Facebook :)

Il semble cependant que les choses changent et que LI semble enfin sortir de sa torpeur avec 2 changements majeurs :

  • l’arrivée aujourd’hui en beta test d’un certain nombre d’applis certes classiques mais toujours aussi pratiques, qu’il était légitime de regrouper autour du vaisseau mère :
    • Outils de collaboration en ligne, du plus simple (mais déjà pratique) MyBox.net qui permet le stockage privé et l’échange public de vos fichiers bureautiques, au plus complet Huddle workspace
    • Syndication de contenu depuis votre blog pour les plateformes leader : Wordpress, et SixApart
    • Mise en ligne de présentations (style powerpoint) : le fabuleux Slideshare, et son homologue chez Google
    • et autres widjets moins indisepnsables mais néanmoins sympathiques : les Reading lists by Amazon (que l’on voit fleurir depuis un certain temps par ci par là), MyTravel (se synchroniser dans le temps et l’espace avec ses connexions) et Company Buzz (petit outil de veille sur des termes clés, en premier lieu sur ce qui se dit à propos de votre société, à l’instar de ce que les metacrawlers de style DiggOut4U proposaient il y a un peu plus d’une dizaine d’années… en moins abouti of course !)
  • l’arrivée récente (moins d’une semaine ?) d’une plateforme professionnelle destinée aux recruteurs, et en particulier les chasseurs : Linkedin Recruiter (voir démo ici : www.linkedin.com/static?key=corporate_landing)

On ne saurait que se réjouir de l’arrivée de ces nouveaux outils et de voir Linkedin se réveiller face à l’émergence d’un "nuage" (cloud) qui se fait chaque jour de plus en plus réel et incontournable, pour les particuliers et a fortiori pour les entreprises. (J’aurai l’occasion de discuter prochainement le dernier gros coup de Salesforce, annoncé hier sur Dreamforce.com). 

Par ailleurs, je trouve que l’on peut aussi se réjouir du fait que la politique de Linkedin soit plurielle, et que l’on ne force pas la main de l’utilisateur mais qu’on lui propose des alternatives, par exemple entre WP et SixApart, entre un nouvel entrant (Slideshare) et un mastodonte qui gagnera -malheureusement- à coup sûr la partie (Google).

Weavlink : un nouveau site de networking tout chaud !

novembre 5th, 2007

Il est tout beau tout chaud, il vient de sortir de terre depuis quelques heures seulement, voici venu un nouveau site de networking orienté 100% recrutement : Weavlink

Le principe est simplissime 3 populations, 3 entrées :

  1. Les grandes écoles rejoignent la plateforme
  2. Les anciens de ces écoles se rattachent à la leur
  3. Les recruteurs (sociétés et cabinets) s’y référencent aussi

Et au final, tout ce petit monde se mélange joyeusement…

Du moins est-ce ce que l’on souhaitera à ce nouveau venu d’un univers pourtant déjà bien encombré !

A ce jour, seule l’ENSAM est référencée (probablement parce que Nicolas Bermond a fait l’Ensam ?…). Espérons que les autres suivent rapidement !

8 milliards de dollars pour un annuaire mondial

septembre 15th, 2007

La Tribune annonce ce jour dans un article intéressant sur Facebook que le site communautaire qui conquiert (actuellement) plus d’un million de nouveaux membres chaque mois aurait refusé des offres de rachat approchant les 8 milliards de dollars… La raison en serait que la direction de l’entreprise ambitionne une levée de fonds de (tenez-vous bien) 10… milliards !
Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle mise? La monétisation attendue de cette audience captive (les membres) ou moins captive mais a minima intriguée (les gens qui passent sur le site à force d’en entendre parler !), et enfin de l’écosystème économique qui se crée chaque fois autour de ce type de phénomène médiatique (on pense évidemment au délire autour de Second Life, qui a depuis longtemps franchement viré au ridicule). Et qu’est-ce qui rendrait cette valorisation possible ? Le fait qu’à l’instar des grandes communautés et autres réseaux sociaux, les profils des membres se trouvent indexés via un partenariat avec Google.

Enfin, qu’est-ce qui rendrait le business réellement juteux (outre le fait à terme de facturer le membership, bien sûr) ? Le fait de commercialiser des bases de données mondiales. Car la seule justification d’investir de pareilles sommes dans ce type de société n’est en effet que de lui donner (plus ou moins) les moyens de "constituer un annuaire mondial". Redescendons sur terre néanmoins : ce ne sont ni 40 ni 60 millions de membres qui constituent un annuaire mondial. Il n’empêche que cela reste une bien belle base de données à exploiter en revanche, surtout si on tient compte de sa profondeur : au vu de la richesse des infos laissées par les internautes en ligne (moi le premier… et tous les networkers en général, ou les jeunes en particulier), on pourra en exploiter des hypersegmentations, le tout sans pour autant réduire à zéro la taille de l’échantillon extrait.

Doit-on le déplorer ? Oui et non. Oui dans le sens où nos vies privées se réduisent comme peau de chagrin, bien sûr. Non, dans la mesure où cette tendance au profiling (pour employer un bel euphémisme)  est depuis longtemps inéluctable dans nos sociétés. Et surtout -conservons un minimum d’optimisme- dans la mesure où ce qui diminue  l’intérêt de cette base, comme de toute base, c’est la vitesse à laquelle elle se périme. Peut-être le minimum de protection privé réside-t-il en effet dans le fait que les gens (et là encore, moi le premier ;-) ne tiennent pas leurs infos à jour… quand ils ne sont pas dans la fantasmagorie pure et dure !…

Et pour ce qui concerne le marché lui-même, doit-on ou non déplorer un retour aussi vigoureux sur le net des investissements massifs et parfois (souvent ?) moyennement raisonnés d’un point de vue économique et industriel ? (mais parfaitement raisonné sous l’angle financier) Nous n’en sommes déjà plus au premier signe (rachats de Skype, YouTube, pour citer les plus mémorables… et aussi les plus fous) et il serait peut-être sage que les trentenaires et au-delà qui, comme moi, ont connu (et tant que possible profité, il est vrai) de la vague d’euphorie des années 98-2000 se rappellent comme la chute a été dure… Nous ne sommes à mon sens ni condamnés à refaire les mêmes erreurs, ni à en faire des pires…

Si tant est qu’on le veuille.